Pari gagnant pour «Atlantique Offshore Energy» de Chantiers de l’Atlantique

La business-unit « Atlantique Offshore Energy» de Chantiers de l’Atlantique, qui emploie 175 salariés à Saint-Nazaire, vient de livrer 3 sous-stations électriques à l'international. Rencontre avec Frédéric Grizaud, directeur de la business unit, qui sera présente le 5 juin prochain au salon Seanergy à Dunkerque.


Au lendemain de la crise financière de 2008, les commandes de paquebots ne sont plus assurées. Chantiers de l’Atlantique cherche à diversifier son activité, et décide alors de s’ouvrir à d’autres marchés. « Dès 2009, à Chantiers de l’Atlantique nous avons eu cette intuition, alors qu’à l’époque, personne n’en parlait encore, que l’éolien offshore allait être un marché en plein développement. Et que notre savoir-faire sur les paquebots pouvait être utilisé dans l’éolien offshore », se souvient Frédéric Grizaud, directeur de la business-unit dédiée aux énergies marines renouvelables de Chantiers de l'Atlantique.

Un gros investissement en R&D

« En 2011, les premiers appels d’offre sortent sur l’éolien offshore en France et le marché européen commence à se développer fortement ». Les Chantiers de l’Atlantique décident d’investir dans des programmes de recherche et développement : « Ce sont les projets Watteole et Fondeole, en collaboration avec les acteurs académiques et les PME locales , soutenus par la région Pays de la Loire».
« Fin 2012, nous remportions notre première commande pour la sous-station Westermost Rough au Royaume-Uni, livrée en 2014 ». Puis suivent deux autres commandes, celle de la sous-station Arkona (Allemagne) et Rentel (Belgique).  Entre temps, et alors que les commandes de paquebots repartent, Chantiers de l’Atlantique investit  20 millions d’euros dans la construction d’un vaste atelier « Anemos ». « Il fallait répondre rapidement à la production, en parallèle des commandes de paquebots qui affluaient ».

Les collectivités locales en soutien des stratégies industrielles

Un investissement rendu notamment possible avec l’aide des collectivités locales. « Globalement, nous avons la chance d’avoir à Nantes Saint-Nazaire, des acteurs institutionnels qui ont cru depuis le début au potentiel des énergies marines renouvelables, comprennent les enjeux industriels et les accompagnent. C’est très important », souligne Frédéric Grizaud. Le grand port maritime a aussi réalisé de nombreux aménagements sur les quais et la voierie pour le transport des sous-stations.

Nantes Saint-Nazaire concentre la moitié de l’emploi éolien offshore en France

L’impact s’est fait sentir immédiatement en termes d’emplois. En plus des 175 personnes embauchées en CDI à Chantiers de l’Atlantique, « nous avons dû faire appel à 250 autres personnes dans les entreprises de la région. Nous avons sous-traité à plus de 200 entreprises dont une centaine dans l’ouest de la France, rien que pour la production des sous-stations. Et si l’on prend en compte l’ensemble des personnes qui ont travaillé à ces projets, c’est beaucoup plus ! ». Face au manque de compétences sur certains métiers, une école a été créée par Chantiers de l’Atlantique pour assurer la formation des soudeurs et charpentiers-métaux.

Arkona, la plus grande sous-station au monde

Chaque parc éolien offshore à travers le monde doit être équipé d’une sous-station. Celle-ci  permet d’élever la tension pour permettre le transport de l’électricité sur longue distance. La sous-station Arkona (photo ci-dessus), installée au milieu d’un parc de 60 éoliennes au nord de l’Allemagne, est la plus grande  jamais réalisée dans le monde en un seul module de 4000 tonnes.
Au total les sous-stations construites par Chantiers de l’Atlantique relaient déjà 1 GigaWatt d’électricité, soit  l’équivalent de la consommation annuelle d’un  million de ménages. A horizon de dix ans, les perspectives de développement pour cette énergie décarbonée sont exponentielles.

Des perspectives exponentielles de développement à l’international

« Le plus gros marché européen pour l’éolien offshore est celui du Royaume-Uni avec 30 GW à horizon 2030, suivi de l’Allemagne avec 15 à 20 GW, puis les Pays-Bas avec 10GW, la Belgique, le Danemark… soit quelques 70 GW au total d’ici 2028». Quant à la France, elle est quasi inexistante sur la carte de l’éolien offshore dans le monde, avec une Programmation Pluriannuelle de l’Energie qui annonce de 4 à 5 GW à cet horizon.

Salon Seanergy, vitrine des savoir-faire dans les EMR les 5 et 6 juin 

Atlantique Offshore Energy sera présente au salon Seanergy à Dunkerque les 5 et 6 juin 2019. L’occasion de présenter sa toute nouvelle SeeOs, une sous-station entièrement modulable. « Il s’agit d’une sous-station adaptable aux champs éoliens et aux besoins des clients. SeeOs entre dans sa phase de commercialisation, nous la proposons actuellement dans tous les appels d’offres auxquels nous répondons à travers le monde ».
Fondations, sous-stations, pompes, ingénierie, cabinets d’étude, … Le salon Seanergy sera l’occasion de découvrir la palette des savoir-faire de la filière des EMR avec des entreprises comme GE, Natural Power, Geps Techno, Flowserve, Akrocean, Segula TEchnology (ingénierie), Ceteal, etc.
Avant le grand rendez-vous de Seanergy à Nantes Saint-Nazaire en 2020. « Un grand cru où nous et les autres entreprises régionales  aurons très certainement de belles choses à montrer », promet Frédéric Grizaud.