Les énergies marines renouvelables ont le vent en poupe à Nantes Saint-Nazaire

Terre d’innovation, Nantes Saint-Nazaire a su se positionner très tôt sur le marché des Energies Marines Renouvelables(EMR). Aujourd’hui, les Pays de la Loire représentent le premier hub national puisqu’il rassemble près de 45 % des emplois totaux en France sur cette filière.

 A l'occasion de la présence de Nantes Saint-Nazaire Développement sur le salon Seanergy qui se déroule du 12 au 14 juin à Cherbourg,  Etienne Pourcher, expert en énergies marines renouvelables nous éclaire sur le développement de cette filière.

En quoi Nantes Saint-Nazaire s’est-il affirmé comme le territoire phare pour le développement des EMR en France au cours des 5 dernières années ?

Tout d’abord, il faut préciser que le positionnement du territoire Nantes Saint-Nazaire ne représente en rien un argument commercial, mais bien une réalité industrielle. Pour preuve, l’Observatoire des Energies de la Mer a totalisé plus de 870 emplois en Pays de la Loire sur les 2 000 emplois totaux recensés sur toute la France. Nantes Saint-Nazaire en totalise déjà plus de 600, répartis sur l’ensemble de la chaîne de valeur, notamment grâce à la présence de GE et STX et du cluster Neopolia. Ce sont également 70 postes sur la partie R&D publique (Ecole Centrale, Université de Nantes, Technocampus Océan, CIRV..). Nantes Saint-Nazaire représente ainsi plus de 80 % de l’activité des EMR sur les Pays de la Loire.

Ajoutons qu’au-delà de ces données chiffrées, c’est toute une expertise qui se concentre sur ce territoire à travers la présence de centres d’ingénierie de grands groupes comme GE ou encore Naval Energies (ex DCNS) et de nombreux bureaux d’études nationaux et internationaux comme Mojo Maritime ou Natural Power.

Quels arguments avanceriez-vous aux entreprises qui envisageraient de s’installer à Nantes Saint-Nazaire ?

Je résumerais en une phrase : « L’éolien offshore, c’est ici que ça se passe ! ». Puisque déjà, 2 parcs éoliens offshore sont en cours d’installation au large de l’estuaire, sur les 6 parcs français. De plus, la richesse de l’écosystème qui regroupe acteurs nationaux et internationaux favorise le développement des entreprises. Ce sont par exemple toutes les infrastructures dédiées aux EMR déjà en place : la plateforme SEM-REV, raccordée au réseau électrique et donnant accès à différents programmes de financement, dont le programme européen FORSEA ; tous les autres équipements d’essais (bassin de houle de Centrale Nantes, la soufflerie Jules Verne, le CIRV à Saint-Nazaire) ainsi que le technocampus Océan à Bouguenais. Enfin, c’est aussi la présence du hub logistique du Port de Nantes Saint-Nazaire, opérationnel et adapté à ces activités, qui propose également des espaces portuaires disponibles.

Si vous deviez citer trois innovations nées sur le territoire Nantes Saint-Nazaire, quelles seraient-elles ?

Il y a bien sûr la technologie de l’éolien flottant ou posé, avec notamment la réalisation de la plus grande éolienne au monde, d’une capacité de 12 MW, en cours de conception par les équipes du centre R&D international de GE, basé à Nantes. Sans oublier l’éolienne flottante Floatgen conçue par la société Ideol, aujourd’hui en test ancrée au large du Croisic.

C’est ensuite bien sûr et je l’ai déjà évoqué, la plateforme d’essais en mer SEM-REV, développée par Centrale Nantes, qui accueille cette première éolienne flottante construite à Saint-Nazaire et posée au large de ses côtes.

Et enfin, n’oublions pas l’apport des starts-ups. Je pense notamment à GEPS Techno, spécialisée dans l’énergie houlomotrice, qui a conçu une solution de stabilisation de navire qui récupère l’énergie de la houle, ainsi que des bouées autonomes grâce aux EMR, qui mesurent le vent et autres données environnementales. Akrocean qui en est l’émanation, est d’ailleurs lauréat des Trophées de la transition énergétique 2018.

Tous ces éléments résument à eux seuls la phrase lancée plus haut : « L’éolien en mer, c’est ici que ça se passe  ! ».

> En savoir plus sur la filière EMR