"Festival Motion Motion" : Nantes, tête de pont du graphisme en mouvement

Rendez-vous samedi 18 mai à Stereolux pour la 3e édition du festival "Motion Motion". Son organisateur, Matthieu Colombel, revient pour nous sur le motion design, ce secteur des industries créatives et culturelles, qui compte une dizaine d'acteurs à Nantes.

Que réserve cette 3e édition du festival Motion Motion ?

Nous attendons quelque 4.000 personnes pour cette 3e édition du festival "Motion Motion", dédié au graphisme en mouvement. Le festival va encore monter en gamme cette année, avec des performances et des oeuvres collectives réalisées par des studios de Nantes et d’ailleurs comme Biborg notamment. Au fil de la journée, des conférences permettent au grand public de découvrir quelques secrets de notre profession, avec le souhait de vulgariser ce moyen de communication auprès des plus jeunes générations. A noter, la présence de Dan Perri de Star Wars qui reviendra sur ses 40 années de carrière. Nous sommes très fiers de cette sélection.

Le motion design est de plus en plus présent dans la publicité. S’agit-il d’un effet de mode ?

MC : Le motion design a plus de 70 ans. C'est la contraction de Motion graphic design. C'est donc du design graphique (représentation visuelle d'une idée, d'un message) auquel nous rajoutons le mouvement (motion en anglais). Je cite souvent Saul Bass, le fameux créateur des génériques de Hitchcock, comme le papa de notre profession. Le motion design consiste à raconter une histoire par la métaphore graphique. Le phénomène s’est accéléré depuis les années 2000 avec l’avènement d’internet haut débit (ADSL), la digitalisation des agences de communication et la nécessité d'avoir un nouveau type de "bidouilleurs" pour de la création de contenus originaux. C’est à ce moment-là que j’ai monté le pôle motion design au sein d’une agence de publicité parisienne jusqu’à décider de voler de mes propres ailes.

En 2011, vous créez le studio de motion design Blackmeal que vous déplacez de Paris à Nantes en 2013…

MC : J’ai en effet choisi d’installer Blackmeal à Nantes, car c'est une ville inspirante et créative. Elle est de plus en plus reconnue pour la qualité de son réseau professionnel et non plus uniquement pour son cadre de vie exceptionnel. La réputation des écoles dans le domaine du design graphique et de l'animation 2D est excellente.
Aujourd'hui Blackmeal travaille en grande partie pour de grands comptes partout en France. Je crois beaucoup au modèle des espaces de coworking - que j'ai découvert sur le territoire -, lieux de créativité pour les free-lances et autres studios avec lesquels nous travaillons, chacun ayant une spécialité complémentaire. Au cours des deux dernières années, plusieurs écoles se sont rendues compte qu’il fallait investir dans ce domaine et ont ouvert (notamment à Nantes) des formations dédiées au motion design (e-artsup, l’Ecole de Design de Nantes Atlantique, l’école Pivaut, etc…).

Ce n'est pas un hasard si ce festival Motion Motion se tient à Nantes...

MC : Le festival trouve toute sa place à Nantes, vivier de motion designers, et ville ouverte sur tous les métiers liés au numérique et à l’innovation. Nous comptons ici une bonne dizaine de studios qui ont chacun leur spécialité : Abstract motion, Data motion (film corporate), e-learning, speech & draw, animation 2D, 3D, Stop Motion, etc

En tant que président d'une association de motion designers, comment voyez-vous l’évolution de ce secteur pour les années à venir ?


MC : Le recours à la vidéo et au motion design va croissant dans le monde de la communication, dans la culture, la formation, l’éducation, etc. Les studios de design graphique travaillent de plus en plus avec les annonceurs en direct. Il y a une évolution au niveau de l'exigence qualité en termes de contenus et de narration. Nous constatons une répartition du marché entre des studios qui se spécialisent dans la rapidité d'exécution et d’autres qui se concentrent sur la qualité graphique du contenu. Il y a du travail pour tout le monde.


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