"Le cadre de vie nantais adoucit la vie d'entrepreneur", d'après la fondatrice de la startup Jho

Pépite nantaise, la startup Jho vient d'être sélectionnée pour la finale Fundtruck, événement qui sélectionne des jeunes pousses à travers la France, qui se déroulera à Paris en octobre. Son objectif : lever des fonds pour recruter et poursuivre son développement en Europe depuis Nantes ! Rencontre avec Dorothée Barth, sa fondatrice.

Comment vous est venue l’idée de lancer la startup Jho ?

Dorothée Barth. Après 10 années en tant que journaliste santé à Paris, je suis arrivée à Nantes. J’y ai rencontré Rob Spiro, fondateur de l’incubateur Imagination Machine pour lui proposer mes services en communication. Il m’a parlé de son idée de lancer une startup pour le commerce en ligne de protections hygiéniques bio. Cette idée existait déjà aux Etats-Unis, d’où il arrivait. J’ai adhéré au projet et j’ai rajouté l’idée de don aux ONG. Très rapidement, j’ai compris que je n’allais pas monter cette startup seule et j’ai contacté une amie Coline Mazeyrat, experte en marketing-digital. Nous nous sommes  croisées à Nantes où nos maris travaillaient dans la même entreprise. 
Jho est une marque de tampons, serviettes hygiéniques fabriqués en coton bio de manière solidaire. L’idée est de proposer une alternative aux protections hygiéniques vendues en grandes surfaces. Beaucoup d’études dénoncent les risques cancérigènes de ces produits, fabriqués en cellulose et blanchis au chlore, qui paradoxalement ne sont soumis à aucune réglementation en Europe. Et comme son nom l’indique, Jho veut dire « juste et honnête ». Pour chaque achat effectué, nous donnons une boîte à une femme dans la précarité, par le biais de deux ONG solidaires (« Gynécologie sans frontières » et une ONG au Cameroun).

Vous avez remporté l’étape de Nantes du tour de France de Fundtruck. A quoi va servir cette levée de fonds ?

Lancée il y a six mois, Jho compte déjà 2.000 clientes en France, notamment dans des régions où les magasins bio sont éloignés des populations. Nous sollicitons une levée de fonds entre 800.000 et un millions d’euros qui va nous servir à améliorer notre logistique, recruter 5 collaborateurs en 2019 et 5 autres en 2020 et à ouvrir une antenne dans un pays européen.

Recommanderiez-vous Nantes à des entrepreneurs parisiens ?

A 200% ! L’incubateur Imagination Machine est installé dans les locaux de la Cantine numérique. Nous y avons croisé de nombreux entrepreneurs et investisseurs qui ont tous fait preuve de bienveillance, ce qui est extrêmement précieux quand on est en phase de lancement de projet.
Et puis, il y a la qualité de vie. A Nantes, je vais au travail à vélo, nous déjeunons face à la Loire et le week-end, tout le monde à la plage ! Le cadre de vie nantais adoucit beaucoup la vie d’entrepreneurs qui est très intense et parfois très dure. Une chose est sûre, je ne retournerai plus jamais habiter à Paris !