Réemploi : La solution Berny qui emballe les supermarchés

Remplacer les emballages plastiques dans la grande distribution par des plats consignés en inox. Telle est la solution proposée par la startup nantaise Berny, lancée il y a deux ans. La startup a suivi pendant une année le programme Futuragrow du Start-up Palace, qui repart pour une nouvelle saison.


« En tant que mère de famille, je me suis longtemps arrachée les cheveux lorsque je faisais mes courses pour limiter au maximum les emballages ». Pour Claire Nijdam, c’est ce constat qui l’a tout naturellement amené à co-créer Berny. 

Ils lancent leur projet de startup début 2020 avec Olivier de Kerimel, ingénieur de formation qui a notamment travaillé en mission de conseil pour Système U. Ce professionnel avait aussi pu observer que la réticence des professionnels de l’agroalimentaire à investir eux-mêmes dans le réemploi. « Ce n’est pas leur métier de gérer des parcs de contenants, de gérer une consigne avec le consommateur ». 

Remplacer le plastique par l’inox 

Pour commencer, ils décident d’approcher des industriels de l’agroalimentaire pour essayer de comprendre quels sont les matériaux les plus adéquats pour le réemploi. Cette démarche les conduit à écarter d’emblée plusieurs matériaux : le verre en raison de sa fragilité, le plastique « qui se colore au fur et à mesure des cycles ». Au fil de leurs visites dans les usines, il apparaît que l’inox est LA solution ! «Toutes les machines-outils sont faites en inox, et c’est pareil dans nos cuisines pour les casseroles, les couverts, etc ». 




La loi impose 5% des emballages réemployés en 2023

Avant de lancer la production à grande échelle, ils décident d’acheter des contenants en inox sur le marché. Le directeur de l’hyperU de la Chapelle-sur-Erdre, en périphérie de Nantes, est prêt à jouer le jeu et accepte de conditionner des produits dans les rayons boucherie, poissonnerie, traiteur… Objectif : voir si les consommateurs sont capables d’aller au-delà du déclaratif. « Sont-ils prêts à payer une consigne ? Sont-ils prêts à utiliser un contenant qui a été lavé ?  Vont-ils ramener le contenant ? ». A l’issue de ce test, l’équipe Berny observe un taux de retour de 60%, avec une consigne de 2 et 3 euros par barquette. « C’était déjà très prometteur pour un démarrage. Après les supermarchés de Loire-Atlantique et Vendée, toutes les grandes enseignes et industriels de l’agroalimentaire se sont montrés intéressés », se félicite Claire Nijdam. La loi Agec contraint les industriels de l’agro-alimentaire à 5% des emballages réemployés en 2023 et 10% en 2027. Fort de ce succès, Berny a passé commande à un fabricant en Normandie de 30.000 contenants et … 300.000 d’ici la fin 2023.

Les demandes affluent et pas seulement du secteur de la grande distribution. Une nouvelle loi de janvier 2022 contraint en effet le secteur du portage à domicile à arrêter les distributions à usage unique. Berny ne peut pas encore répondre aux besoins des cantines, faute de disposer de contenants assez grands pour l’instant. 



Berny, déjà « entreprise à mission » 

Pour le supermarché, l’emballage réemployable n’est pas contraignant puisque Berny gère l’ensemble du cycle de remise en circulation : récupération des contenants, nettoyage, retour au point de vente pour un nouvel usage. Des prestations en circuit court qui donnent de nouvelles ambitions à Claire Nijdam quant à la mesure de l’impact de Berny sur la filière. « Nous n’avons pas encore inscrit le statut d’entreprise à mission dans nos statuts. Toutefois, c’est un marché qui a un fort potentiel pour faire de l’insertion, de l’inclusion, du local. Notre mission, c’est d’accompagner l’industrie agroalimentaire du jetable vers le réemploi pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et l’impact sur les ressources et la biodiversité ». Berny vient d’être labellisé par l’association Ruptur au regard de 9 fondements éco-responsables. 

Le coup d’accélérateur du parcours FuturaGrow 

En mars 2021, la société Berny a intégré le parcours d’entrepreneurs FuturaGrow (ex Miam), accélérateur de la foodtech hébergée au Palace à Nantes. « Suivi, mise en visibilité, ateliers avec les industriels », ce parcours permet une collaboration rapprochée avec des industriels de l’agro-alimentaire, tels que Brioches Fonteneau, Sodebo, Petitgas et le groupe Routhiau. Un moyen de tester en situation réelle le prototype avant de passer à des quantités industrielles. Le nouvel enjeu consiste maintenant à assurer une conservation performante des aliments, avec un contenant totalement hermétique. « Grâce à son partenaire GUELT, Berny peut désormais sceller son contenant inox par une feuille plastique, ce qui permet la bonne conservation des aliments et donc d’utiliser le contenant réemployable en milieu industriel », souligne Claire Nijdam.  L’accompagnement par le Startup Palace a permis d’opérer le changement de braquet. Berny qui compte aujourd’hui 12 collaborateurs vient de procéder à une levée de fonds réalisée avec le soutien de l’accélérateur nantais Novapuls


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