Nautisme : L’Hydroptère, bientôt de retour sur nos côtes ?

Bateau mythique de la course à la voile, né de la rencontre d’Éric Tabarly et de Dassault Aviation dans les années 70, L’Hydroptère aurait pu tristement finir sa carrière, abandonné dans un port hawaïen. Mais c’était sans compter la passion de Gabriel Terrasse pour ce pur-sang des mers ! Grâce à lui, L’Hydroptère n’est qu’au premier jour de reste de sa vie…

L’Hydroptère est le premier trimaran à foils prévu pour la course au large. Lancé en octobre 1994, il se met vite à voler, mais rencontre plusieurs casses. Dans les années 2000, il connaît une amélioration technique majeure, avec l’installation de nouveaux bras de liaisons et de foils conçus par Airbus à Nantes. « L’Hydroptère devient alors fiable et accélère, jusqu’à exploser le record du monde de vitesse absolu en 2007 et 2009 », se remémore Gabriel Terrasse, fan de ce bateau depuis des années. « À ce jour, il n’existe encore aucun voilier de haute mer plus rapide que lui ! ». Et pourtant, le palmarès de ce champion aurait pu s’arrêter net, abandonné en 2015 dans un port à Hawaï, puis saisi par les autorités locales qui finissent par le mettre aux enchères, sa dernière chance de salut avant sa destruction. « Quand j’ai vu l’annonce de la vente, j’ai vidé mes comptes et je suis parti là-bas pour tenter de l’acheter ».

Un croisement entre l’aviation et le nautisme

Associé à un Californien passionné comme lui, Gabriel Terrasse devient copropriétaire du trimaran en juin 2019. « L’hydroptère est le fleuron de ce que l’on sait faire en France, à la croisée entre l’aviation et le nautisme. Je suis intimement convaincu qu’il a encore un potentiel énorme : il existe des leviers incroyables pour l’améliorer ! ». Après avoir été remis en condition de navigation pour quitter Hawaï, L’Hydroptère est aujourd’hui du côté de San Francisco. « Nous avons eu la chance d’entrer en contact avec Airbus qui met à notre disposition sa liaison maritime entre Mobile (Alabama) et Saint-Nazaire. Et nous avons aussi eu l’aide d’Idea sur la partie logistique pour préparer le retour de L’Hydroptère en France ». Depuis mars 2021, les premières pièces du bateau commencent à arriver à l’usine Airbus de Nantes. « L’Hydroptère connecte le monde de l’aérien et du nautisme. Nantes et Saint-Nazaire sont un territoire d’expérimentation formidable sur ces deux secteurs ».


Une plateforme R&D dédiée au nautisme

L’Hydroptère sera utilisé comme plateforme de tests R&D pour les matériaux, l’hydro et l’aérodynamisme, la détection et l’évitement d’OFNI, le développement de jumeaux numériques et l’acquisition de données, etc. « Nous sommes en contact avec le SailingLab de Nantes Métropole, ainsi qu’avec onze laboratoires de recherche, plusieurs grandes écoles… Pour booster l’innovation, l’idée est que, sur chaque projet, nous fassions travailler ensemble une entreprise privée, une école/université et un laboratoire de recherche. L’objectif est multiple : améliorer les performances du bateau, tout en générant des retombées pour l’industrie, la décarbonation des transports et la course au large de demain ». Une équipe complétée de jeunes retraités de l’aéronautique, passionnés par ce bateau, prête son concours au projet. « Nous avons aujourd’hui un bureau et un atelier à Bouguenais, sur le Technocampus Composites. Il ne nous manque plus que les fonds pour finaliser le rapatriement et lancer la rénovation afin de voir bientôt voler L’Hydroptère  et faire de l’innovation à haute vitesse! »

En savoir + : www.lhydroptere.com