Santé du futur : Les sociétés de biotechnologie profitent d'un écosystème propice à la recherche à Nantes

GoLiver Therapeutics, CleanCells, Graftys, ... Ces sociétés de biotechnologies nantaises, qui font l'actualité, se démarquent par leur capacité à innover. Les premiers projets de recherche portés par le projet NeXt-ISite illustrent le potentiel de développement à venir pour la filière des biotechnologies et de la médecine régénérative à Nantes.

Nouvelle levée de fonds pour Xénothéra

Les biothérapies comme la médecine régénérative constituent deux axes prioritaires de l’excellence en santé dans la métropole nantaise. L’actualité récente illustre la dynamique à l’œuvre. La startup Xénothéra vient, en ce début d’année, de boucler sa quatrième levée de fonds. Issu d’un spin-off de l’Institut de transplantation urologie et néphrologie (ITUN) de Nantes, la startup est spécialisée dans les nouveaux traitements en transplantation et autres domaines thérapeutiques.

GoLiver et son médicament pour régénérer le foie

Autre startup innovante, GoLiver Therapeutics multiplie les récompenses. La startup, issue d’un spin-off de l’Inserm et de l’Université de Nantes, vient d’être sacrée lauréate de France Tech Transfer Invest (FFTI) 2019 et participera au "European venture Summit" de Düsseldorf. GoLiver Therapeutics est à l’initiative d’un médicament innovant pour régénérer le foie. Fabriqué via la production in-vitro de milliards de cellules souches, le médicament est destiné à terme à remplacer les greffes du foie.  GoLiver est en cours d’une levée de fonds de 3 millions d’euros.

CleanCells et les virus anti-bactéries

Dans le domaine de la bio-production, CleanCells vient de racheter BE Vaccines et se renforce ainsi sur le marché des produits de phagothérapie. Cette thérapie qui s’appuie sur les phages, des virus naturels tueurs de bactéries, permet de soigner certaines maladies infectieuses, et de contourner ainsi le phénomène mondial de la résistance aux antibiotiques. Par cette acquisition, l’entreprise CleanCells voit ses effectifs augmenter à 143 personnes.

Graftys, spécialiste des ciments osseux

Sensible à la dynamique nantaise autour de la santé du futur, Graftys vient d’ouvrir une filiale à Nantes. Spécialisée dans les ciments osseux destinés à la chirurgie orthopédique reconstructive, l’implantation de Graftys à Nantes (25 salariés) interviendra sur la conception et la pré-industrialisation de ciments combinés avec des peptides ou de petites molécules. Titulaire de plusieurs brevets, Graftys commercialise ses produits dans plus de 20 pays. Pour accompagner cette nouvelle phase de développement, la société vient de boucler un tour de table de 4,1 M€.



Atlanpole Biotherapies, catalyseur des projets en santé 

Globalement, les entreprises de biotechnologies connaissent un fort essor à Nantes. En témoignent les belles levées de fonds réalisées en 2018 par l’entreprise de biotechnologie Valneva (50 M€) et Horama (22,5M€), la pépite nantaise spécialisée dans la thérapie génique des maladies de la rétine. Toutes ces initiatives éclosent à Nantes, grâce au soutien du pôle de compétitivité Atlanpole Biotherapies. Ce pôle, qui compte déjà 130 entreprises membres, accompagne et favorise l’émergence des startups en santé. Depuis sa création en 2005, ce sont plus de 75 projets collaboratifs d’innovation qui ont été labellisés par Atlanpole Biotherapies pour un montant global de 700 M€.


La recherche nantaise en santé boostée par I-Site NExT

La recherche en santé passe à la vitesse supérieure à Nantes. Elle se structure grâce à NExT labellisé «I-Site» en 2017, qui distingue les universités de dimension internationale. Ce projet porté par 4 fondateurs principaux (Ecole Centrale, Université, CHU et Inserm) a déjà permis de rassembler 330 chercheurs nationaux et internationaux autour d’unités dans la biologie fondamentale et la recherche clinique.


L’objectif du projet Next est d’accélérer la dynamique du site nantais en termes de recherche, formation et transfert technologique afin d’atteindre une meilleure synergie entre université et organismes. Le projet NeXT bénéficie d’une enveloppe globale de 58 millions d’euros sur 3 ans (dont 39 millions € de l’Etat), pour accroître la position de Nantes à l’international sur la santé du futur.


Parmi les projets de recherche récemment lancés dans le cadre de NExT, on peut relever l’HéMA-NExT qui est un cluster de recherche axé sur les thérapies des hémopathies (myélome multiple et lymphomes). Il devrait donner naissance à l’un des principaux centres mondiaux de recherche et de formation en onco-hématologie à Nantes, ville déjà réputée internationalement sur la recherche en oncologie.


Second projet, le cluster de recherche SysMics, labellisé par l’I-Site NExT, travaille sur la médecine systémique. Cette médecine est amenée à devenir un nouveau standard de santé publique, non plus focalisée sur la prise en charge du patient à un stade avancé de la maladie, mais pour la mise en place de stratégie de prévention adaptées aux profils individuels pour agir en amont des pathologies dont le cancer. SysMics regroupe d’ores et déjà la plupart des unités de recherche nantaises en sciences du numérique et en biologie-santé, ainsi que des entreprises de biotechnologies.

© Photos Inserm / Etienne Begouen - Patrick Delapierre