Nantes, un marché de bureaux équilibré entre le centre-ville et la périphérie

Les chiffres du premier semestre du marché immobilier tertiaire nantais confirment la tendance depuis 3 ans avec des volumes annuels supérieurs à 100.000 m² de bureaux et une répartition équilibrée des transactions entre le centre-ville et la périphérie. Rencontre avec Christine Serra, vice-présidente de la commission Immobilier d’Entreprises du CINA (1) et directeur associé région Centre-Ouest BNP Paribas Real Estate Transaction.

Peut-on parler aujourd’hui d’un marché tertiaire mature ?

En effet, nous pouvons parler d’un marché mature tant par le volume de transactions de 66.000 m2 au premier semestre 2018 à Nantes (+7% sur un an) que par la répartition de ces transactions à 50 % en centre-ville et 50 % en périphérie (cf étude BNP Paribas Real Estate).

Les tiers-lieux constituent une nouvelle façon de consommer le bureau. Que représentent ces volumes de transaction dans l’offre globale ?

Nous ne disposons malheureusement pas de données précises sur l’offre disponible dans ces tiers-lieux (espaces de coworking, pépinières) qui ne sont pas soumis aux durées des baux traditionnels de 3-6 ou 9 ans. Dans les espaces de coworking, les bureaux peuvent être loués à l’heure, à la journée ou au mois. En revanche, il s’agit bien d’une nouvelle tendance qui répond en partie aux attentes du marché : soit pour des phases de développement d’un projet, soit pour des entreprises traditionnelles qui voudraient développer un projet de manière agile. C’est une vraie tendance qui s’installe dans le temps que ce soit pour les ETI ou pour les startups. Nous comptons aujourd’hui sur la métropole environ 45 tiers-lieux qui se trouvent principalement dans le centre-ville de Nantes, secteur recherché pour l’ensemble des services proposés (transports, commerces...) mais aussi en réponse à la typologie des actifs des structures adoptant ce mode de travail (population plutôt jeune habitant le centre-ville).

Comment évolue la demande de bureaux en centre-ville et Ile de Nantes ?

La demande de bureaux pour le centre-ville et l’Ile de Nantes est mature. Le report du marché se fait aussi au profit de la périphérie, en respectant des exigences en termes d’accessibilité (transports en commun et parkings) et de services (salles de sport, restauration…). Ce marché de report se tourne principalement vers l’ouest de la ville et notamment sur Ar Mor Parc Tertiaire à Saint Herblain qui bénéficie depuis septembre du prolongement de la ligne Chronobus C6.

Depuis 2 ans, nous constatons une augmentation sensible des transactions de bureaux sur l’est de la métropole. Cette tendance est-elle appelée à se confirmer ?

Nous observons en effet un volume de transactions plus important sur l’Est de la ville, en particulier sur les comptes propres et les clés en main locatifs  qui trouvent sur ce secteur la réserve foncière nécessaire. On peut citer certaines grandes transactions comme celle de Manpower, ou d’IMA Technologies. Nous attendons également à plus long terme le développement de plusieurs projets avec le quartier Ouche Buron, et Halvêque-Beaujoire-Ranzay, qui devraient proposer des bureaux à louer de taille importante et permettre ainsi un rééquilibrage de l’offre.

Comment se présente l’offre de bureaux en Sud Loire ?

Nantes s’est historiquement plutôt développée vers le Nord Loire. Si bien que le marché de bureaux en sud-Loire reste encore peu structuré et mal identifié. La structuration de ce marché va dépendre de plusieurs facteurs dont le développement des transports en commun en cours pour la desserte aéroport. Ces zones possèdent encore des réserves foncières pour construire des bureaux. A noter, un projet d’envergure pour la métropole avec l’aménagement de la ZAC Pirmil-les-Iles.


 (1) CINA : Club Immobilier Nantes Atlantique


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