NEOLINE : « Ici, il y a un vrai goût pour les défis techniques et les sujets atypiques ! »

Rencontre avec Michel Péry et Jean Zanuttini, les fondateurs de Néoline, et leur projet révolutionnaire de cargo à voile.

Votre startup Néoline développe son idée de cargo à voile depuis Nantes. Comment est née l’idée de cette innovation révolutionnaire ?

C’est en effet une technique révolutionnaire mais qui existe depuis 5000 ans, à savoir le vent pour propulser des navires ! Nous sommes partis du constat que d’un côté la marine marchande, dans laquelle nous avons travaillé, utilise des techniques très polluantes, tandis qu’en parallèle, les innovations dans la voile ont été considérables tout au long du siècle (navigation, météo, vitesse…).

Notre défi est de montrer que le transport à la voile peut non seulement être propre, mais qu’il peut l’être tout en étant industriel et compétitif.

Comment le projet prend-il forme ? 

Les défis à relever sont à la fois techniques, commerciaux et financiers. Nous avons conçu deux navires voiliers. La construction du premier de 136 mètres de long et 24 m de large doit démarrer au premier semestre 2019 pour une mise en circulation en 2021. Nous finalisons en ce moment les négociations avec le chantier naval sera chargé de la construction.

Notre second défi est d’ouvrir une ligne de transport directe originale sur l’Atlantique. Alors qu’aujourd’hui, tous les départs de fret se font depuis l’Europe du Nord sur la Manche, l’ouverture d’une ligne Saint-Nazaire – Baltimore aux Etats-Unis, pour laquelle nous avons identifié de réels besoins de transport, nous a paru très pertinente.

Enfin, le financement de ces nouveaux navires, pour une jeune société, est également un défi, sur lequel nous avançons en ce moment.

Comment avez-vous été soutenus par les acteurs ?

Au départ notre projet n’était pas nantais. C’est à travers le Belem, emblème nantais, dont j’ai assuré le commandement pendant plusieurs années que le lien s’est fait avec Nantes. Le territoire et les Pays de la Loire nous ont rapidement paru l’endroit qui regroupait tout l’écosystème pour qu’un projet naval de ce type puisse voir le jour.

Reste que comme tous les navires de charge, la première condition pour développer un tel projet est le marché. Nous avons trouvé dans le grand ouest des industriels en recherche de solutions logistiques nouvelles. A Nantes, il est difficile de rester dans son coin. Au cours des deux dernières années, les échanges ont été nombreux et fructueux avec le port, le cluster Néopolia, Mauric (notre architecte naval), les pôles Atlanpole, EMC2 et le pôle mer Bretagne Atlantique. Le futur pôle nautique du Bas Chantenay où est installé notre bureau est aussi un atout.

En quoi Nantes Saint-Nazaire est un territoire fertile pour votre projet ?

Néoline propose un modèle de rupture, qui a eu besoin de maturer dans un contexte encourageant et bienveillant avant d’affronter la concurrence internationale. A Nantes, nous avons trouvé les compétences techniques, les écoles, les clusters.

Ici, il y a un vrai goût pour les sujets atypiques, pour la construction de choses qui sortent de l’ordinaire ! Nous avons à Nantes la culture des gros navires, et tout un écosystème pour le maritime. Chaque fois que nous rencontrons des gens, ils ont une histoire à nous raconter en lien avec la mer.