« Ce qui surprend le plus, c’est notre capacité à monter des projets ensemble » Yann Pierrick Bernier du lab IBM de Pornichet

Concours de robotique pour les collégiens, hackaton sur le handicap, concours avec les écoles d’ingénieurs CESI de la France entière, Yann Pierrick Bernier est un acteur engagé au service de son territoire. Il démultiplie les opportunités pour rendre la programmation plus attractive auprès des jeunes. Rencontre avec ce Nazairien de naissance, depuis 30 ans en charge du lab IBM de Pornichet.

Yann Pierrick Bernier appartient à l’entité France Lab d’IBM, qui compte environ 600 développeurs et chercheurs, répartis entre Pornichet et Paris-Saclay, en Ile-de-France. A Pornichet, ce sont 27 développeurs qui travaillent dans ce laboratoire spécialisé sur le logiciel avec deux thématiques principales que sont l’intelligence artificielle et les process de décision. Installés à Saint-Nazaire, les Chantiers de l’Atlantique utilisent notamment la solution d’IBM pour optimiser la prise de décisions sur une chaîne de montage pour la construction des paquebots, grâce à des systèmes informatiques connectés à de l’intelligence artificielle.  « Nous sommes par ailleurs en réflexion avec l’école d’ingénieurs du CESI à Saint-Nazaire pour relancer des formations en langage Cobol, qui fait face à une pénurie d’informaticiens, alors qu’il est encore très en vogue dans les banques et assurances », souligne le responsable. 

La féminisation de la robotique, un cheval de bataille 

L’engagement en faveur de son territoire est plus qu’un sacerdoce pour Yann Pierrick Bernier. Dès 2014, le responsable d’IBM lance un concours de robotique pour encourager les collégiens, et les filles notamment, à se lancer dans cette voie de la découverte des métiers de la programmation et du codage. Depuis, ce sont chaque année 1200 collégien.nes par an du bassin nazairien qui y participent. IBM se charge de prêter les robots aux établissements scolaires, tandis que le concours mobilise toutes les compétences, bien au-delà du seul cours de technologie.  « Afin de rendre la robotique plus attirante pour les filles, nous avons créé l’épreuve du robot le plus fun qui peut jouer de la musique par exemple ».  Tout le corps enseignant est mobilisé, des professeurs de mathématique à ceux d’anglais, etc, la restitution des exposés se faisant dans les deux langues. En guise de récompense, et à l’issue d’une journée à l’Hippodrome de Pornichet, les équipes gagnantes se voient invitées à une visite d’entreprises du territoire.  Et comme il n’est jamais trop tôt pour commencer, le responsable d’IBM vient d’élargir le challenge aux classes de primaire. Avec un bénéfice qui se fait déjà sentir. « Une étude a révélé que 88% des filles en baccalauréat technique et en études supérieures à Saint-Nazaire disent avoir pris leur décision grâce à ce concours ». 

Faire rayonner le savoir-faire du territoire 

Prochaine étape, les étudiants de l’école d’ingénieurs du CESI de Saint-Nazaire. A la rentrée 2022, un nouveau challenge sera proposé aux étudiants sur le thème du handicap chez les enfants. Avec en ligne de mire, l’idée de donner une envergure nationale à ce challenge étudiants. « En 2023, nous demanderons aux étudiants des 25 CESI de France d’aller chercher des problématiques dans les entreprises de leur territoire respectif afin d’y apporter des solutions ». Un défi ambitieux porté par le laboratoire IBM de Pornichet, qui donnera lieu à une restitution des résultats sur la presqu’île du 24 au 26 mai 2023, avec pour objectif de « faire connaître et rayonner ce territoire industriel et innovant qu’est la presqu’ile Saint-Nazaire-Pornichet ». « Ce concours est aussi un moyen de séduire et de fidéliser les compétences sur le territoire, c’est une voie pour les futures embauches ». 

Recrutement de 70 nouveaux collaborateurs à Nantes en 2022

IBM France vient d’ailleurs de lancer le recrutement de 50 jeunes talents sur Nantes, ainsi que d’une vingtaine de collaborateurs expérimentés pour les encadrer. « Nous profitons ici d’une incroyable qualité de vie. Mais c’est la forte cohésion de l’écosystème, notre capacité à travailler et à monter des projets ensemble entre écoles, entreprises (Airbus, Chantiers de l’Atlantique…) et collectivités, qui surprend et séduit le plus les jeunes que je rencontre ».